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Roland THOMAS reçoit les insignes d'Officier dans l'Ordre national de la Légion d'Honneur

L'INFO n° 621

 

Roland THOMAS, Déporté-Résistant, ancien maquisard de Grandrupt, promu Officier dans l'Ordre national de la Légion d’Honneur

 

En mars 1943 après l’instauration du Service du Travail Obligatoire (STO), Roland THOMAS, refuse de partir travailler pour les Chemins de fer allemands, il quitte les Chemins de fer mais devient un réfractaire au STO donc un clandestin.

Il a 22 ans, son ancien patron,  boucher à Darney, va lui trouver un refuge et du travail chez son beau-frère, boucher à Monthureux-sur-Saône.

C’est donc dans ces conditions et selon ces circonstances que Roland THOMAS sera enrôlé dans le groupe de résistance qui deviendra le maquis de Grandrupt.

C’est le 27 août 1944 que Roland rejoint le maquis pour la réception d’un parachutage d’armement. « Le maquis, alors armé, devient un véritable centre de préparation au combat car les hommes doivent devenir rapidement des soldats, en mesure d’assurer la défense de points d’infrastructure majeurs dans la progression des Alliés ».

Hélas, le 3 septembre, deux agents de liaison sont arrêtés, au retour d’une mission, par la gestapo. Pour échapper à une éventuelle attaque ennemie, les chefs du maquis décident un regroupement puis une évacuation prévue le 6 septembre.

Mais le 6 septembre, les parachutistes anglais du 2ème SAS infiltrés derrière les lignes ennemies, demandent une assistance en vue d’assurer la réception d’un parachutage. Les Chefs du maquis, estimant ne pouvoir refuser l’aide demandée, décident de différer au lendemain l’évacuation du maquis. Le parachutage est réussi. Mais vers 4 heures du matin, le maquis est encerclé puis attaqué.

La défense est des plus vaillante mais l’ennemi lance un ultimatum : se rendre et être considéré comme prisonniers de guerre ou être responsables de terribles représailles sur les villages de Grandrupt et Vioménil, villages rasés et  habitants actuellement otages sacrifiés. Pour éviter ces terribles représailles les chefs décident de faire déposer les armes.

En ce début d’après-midi du 7 septembre ce sont 223 maquisards qui s’alignent face aux mitrailleuses allemandes. Les parachutistes anglais et environ 160 maquisards ont réussi à forcer les lignes allemandes et à s’échapper.

Pour Roland THOMAS et ses 222 camarades, la promesse d’être considéré comme prisonniers de guerre ne sera pas tenue et c’est vers un destin insoupçonné et vers une péripétie inimaginable qu’ils vont être emportés.

Après La Vierge, Schirmeck, Guagueneau et Rastadt, camps de regroupement successifs, le 6 octobre 1944, Roland THOMAS avec environ 1 200 autres déportés et otages provenant de Senones, Charmes, Rechaincourt, du maquis de Grandrupt et des civils italiens sont invités à monter dans un train de voyageurs car, selon le chef du camp, ils vont être libérés.

En fait de libération, après 3 jours d’un voyage interminable vers l’inconnu, ces voyageurs débarquent, dans un camp devenu célèbre depuis : Dachau ! 

C’est ici que ces 1 200 malheureux vont faire connaissance avec le système concentrationnaire nazi. L’exposition permanente aux intempéries, les brimades de toutes sortes, les mauvais traitements, une sous-alimentation systématique, l’usure des organismes par la pénibilité et la durée du travail, les maladies infectieuses, laissent peu de chance de survie aux déportés.

Roland THOMAS, toujours en vie, est libéré par les Américains le 3 mai 1945.

Roland et 43 autres rescapés décident d’assurer eux-mêmes leur rapatriement avec un camion du chantier. Ils sont arrêtés par les Américains le 8 mai 1945 à Kehl et sont convoyés à Strasbourg, après, pour toute formalité, une désinfection.  

C’est finalement le 9 mai que Roland THOMAS retrouve ses parents à la Chapelle-aux-Bois. Il ne pèse plus que 37 kg. Deux années de soins seront nécessaires à atténuer les séquelles des mauvais traitements subis avant une reprise du travail.

Sur les 223 maquisards faits prisonniers, 116 périront dans les camps d’extermination nazis.

Ce sont les noms de ces 116 victimes de la barbarie nazie et des 4 maquisards morts au combat qui sont gravés à jamais sur le Mémorial de Grandrupt.

 

Roland THOMAS est très impliqué par le devoir de mémoire. Il est en effet, un membre très actif, du Comité départemental des Vosges du Concours scolaire de la Résistance et de la Déportation depuis de très nombreuses années et participe, à ce titre, à des conférences et des débats sur le vécu de Déporté-Résistant, dans les établissements scolaires vosgiens et même lorrains.

Etats de services de Déporté-Résistant et implication dans le devoir de mémoire, voilà pourquoi Roland THOMAS, vient d’être distingué par une promotion dans l’Ordre national de la Légion d’Honneur du 8 mai 2014, au titre des Anciens Combattants Déportés-Résistants.

 

Roland THOMAS est Chevalier dans l'Ordre national de la Légion d’Honneur depuis 1963,

il est également titulaire :

- de la  Médaille militaire avec attribution de la Croix de guerre 1939-1945 avec Palme depuis 1959,

- de la Croix du Combattant volontaire avec agrafe 1939-1945,

- de la Croix du Combattant volontaire de la Résistance,

- de la Croix du Combattant,

- du titre de Reconnaissance de la Nation,

- de la Médaille de la Déportation pour faits de Résistance.

 

Par ailleurs, Monsieur Roland THOMAS a effectué une carrière d’Agent de l’Education nationale qui lui a valu d’être fait Chevalier dans l'Ordre des Palmes académiques par le Premier Ministre.

 

Les insignes d’Officier dans l'Ordre national de la Légion d’Honneur lui ont été remises par le Colonel honoraire de l’Armée de l’Air, Pierre OLIVIER, au cours d’une cérémonie, célébrée devant le Mémorial dédié aux maquisards de Grandrupt et en présence de nombreuses personnalités, de nombreux Anciens Combattants et de leurs Porte-Drapeaux et de nombreux amis.

Cette cérémonie s'est déroulée le 27 août 2014, soit 70 ans, jour pour jour, après la mobilisation générale du maquis.

 

 

Information communiquée par Jacques HUTIN, Président de l'ADIF-FNDIR des Vosges

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Roland Thomas, Déporté de la Résistance

Roland Thomas, Déporté de la Résistance

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