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Mireille Legrand-Dufour, présidente de l'ADIF-FNDIR de l'Aisne (O2) et Gérard Bocquery, président de l'ADIF-FNDIR de l'Oise (6O) - Membres du Bureau national de l'UNADIF - Photo D.R. UNADIF-FNDIR
" IL NE FAUT PAS OUBLIER LES RESISTANTS "
interview de Mireille Legrand-Dufour, fille de Déporté-Résistant, présidente de l'ADIF-FNDIR de l'Aisne (O2) parue dans le journal " Aisne-nouvelle " jeudi 29 janvier 2OI5, interview réalisée à l'occasion du 7Oème anniversaire de la libération des camps d'Auschwitz le 27 janvier I945.
Mireille Legrand : « Il ne faut pas oublier les Résistants »
A 85 ans, Mireille Legrand, habitante de Mennevret, poursuit le travail de mémoire pour tous les déportés, internés et familles de disparus de l’Aisne (ADIF), association qu’elle préside depuis dix ans.
Quel est votre lien historique avec la déportation ?
Je suis fille de déporté. Mon père Robert Dufour a été arrêté pour faits de Résistance le 2O mai I944. C’est la milice française qui est venue l’arrêter. La maison était cernée. Je n’avais que I4 ans. J’étais seule à faire face. Ma sœur et ma mère étaient effondrées. Il a été déporté au camp d’Orianenbourg et Falkensee, en Allemagne pour la fabrication d’obus.
Combien reste-t-il de déportés vivants dans l’Aisne ?
Certains sont membres de l’ADIF, d’autres non, mais à ma connaissance il doit en rester 3 ou 4. Aucun des déportés vivants ou morts de l’association n’a été déporté à Auschwitz. Si on commémore aujourd’hui les 7O ans de la libération de ce camp, il ne faut pas oublier les Résistants déportés, ce sont eux qui ont aidé à la libération. La commémoration de la libération des autres camps aura lieu en avril .»
Quel est le rôle de l’association ?
« Notre association espère perdurer encore longtemps, malgré la disparition de plusieurs de nos déportés survivants des camps. Nous, les enfants et petits-enfants, prenons le relais et invitons tous ceux qui le voudraient à nous rejoindre et à témoigner. Je suis inquiète pour l’avenir car il faut vite songer à me remplacer à mon poste de présidente. J’interviens encore un peu dans les écoles et collèges. »
Quel regard portez-vous sur l’actualité du début de mois en France ?
Les évènements de Paris m’ont fait repenser à toute cette période tragique. Je pense particulièrement aux déportés, aux résistants, aux soldats des troupes alliées qui sont morts pour nous rendre la liberté en I945. Sous le régime hitlérien, face aux massacres des nazis, nous ne pouvions que réagir dans la plus grande clandestinité, sous peine d’augmenter le nombre des victimes. Aujourd’hui, nous avons la liberté de manifester notre horreur provoquée par la tuerie des assassins chez Charlie Hebdo, à Montrouge et à la Porte de Vincennes.
Source : Aisne-nouvelle - Jeudi 29 janvier 2OI5
Page d'Aisne nouvelle du jeudi 29 janvier 2OI5