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Jacques Hébert raconte sa vie

L'INFO n° 747

 

 

ADIF-FNDIR du Calvados (14)

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Jacques Hébert - Photo Jean-Yves Desfoux - Ouest France

Jacques Hébert - Photo Jean-Yves Desfoux - Ouest France

 

Compagnon de la libération. Jacques Hébert raconte sa vie

 

L'ancien député-maire gaulliste de Cherbourg vient de publier ses mémoires.

Il y a près de 75 ans, l'étudiant en médecine est parti rejoindre de Gaulle en Angleterre.

 

Sur 1 038 Compagnons de la Libération, ils ne sont plus que 17 encore vivants. Parmi eux, Jacques Hébert, député de la Manche de 1962 à 1973 et maire de Cherbourg de 1959 à 1977. Il voulait être botaniste, il fut médecin. Il était antimilitariste et batailla, soldat exemplaire. Il était de centre-gauche, il fut élu député gaulliste. La vie de Jacques Hébert, 94 ans aujourd'hui, est un chef-d'oeuvre de contraires et d'aventures. Des aventures qu'il raconte avec bonheur.

 

 

 

Les frères Hébert

 

Vivant désormais dans une maison de retraite à Thury-Harcourt, après avoir longtemps habité à Caen, Jacques Hébert vient de publier ses mémoires. « Déjà, mon arrière-petit-fils Romain m'interroge. Ce petit ouvrage n'est pas de l'histoire, mais des histoires. Puissent-elles faire rire, et surtout plaisir. Ce sera ma dernière joie. » Avec son frère Bernard, Jacques Hébert, étudiant en médecine, rejoint de Gaulle en juin 1940 à Londres.

 

Les trajectoires des deux frères, deux Caennais, épouseront toutes les grandes dates de la France libre. Ils embarquent pour l'Angleterre à Saint-Jean-de-Luz à bord du Batory, où se trouve également, François Jacob, futur prix Nobel de médecine. Londres, expédition de Dakar, campagne de Syrie, combats de l'Afrique du Nord... Jacques Hébert vit tout cela intensément avant de débarquer à Utah Beach le 1er août 1944 et de se retrouver au coeur de la libération de Paris, le 25 août.

 

« Mon engagement, écrit-il, fut le résultat de la conjonction en moi du refus total de l'inadmissible défaite de 1940, de la volonté de résister à l'ennemi et de l'amour de la France. Nos hommes avaient une âme de feu dans un corps de fer. Nous n'avons pas été des héros, seulement des hommes libres. »

 

Fin de la guerre. Le lieutenant Hébert dépose les armes, reprend ses études de médecine. « Je fus interrogé en embryologie par un jeune prof qui me dit : je vous mets 14. Avant d'ajouter : « Vous en avez mis du temps à passer en seconde année. » Le futur docteur a une excuse en béton : « J'avais une guerre à faire, monsieur ». Et à gagner.

 

Plus tard, ce seront des élections législatives et municipales que le Dr Hébert gagnera à Cherbourg. « Parlementaires de la Manche, nous prenions le train à 0h15 à Saint-Lazare et n'arrivions à Cherbourg que vers 6h30 du matin. Petit-déjeuner à la maison et rendez-vous dès 8h30 à la mairie... » Une autre époque.

 

 

« Jacques Hébert... des hommes libres » par Jacques Hébert,  242 pages, Éditions Cahiers du temps, 18€.

 

 

Source : Jean-Jacques Lerosier – Ouest-France

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