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La baraque des prêtres

L'INFO n° 744

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La baraque des prêtres
La baraque des prêtres
Dachau, 1938-1945

Guillaume Zeller

 

 

De 1938 à 1945, 2 720 prêtres, religieux et séminaristes sont déportés dans le camp de concentration de Dachau, près de Munich.

Regroupés dans des « blocks » spécifiques – qui conserveront pour l’histoire le nom de « baraques des prêtres », 1 034 d’entre eux y laisseront la vie. Polonais, Belges, Allemands, Français, Italiens, Tchèques, Yougoslaves : derrière les barbelés de Dachau, l’ « universalité de l’Église » est palpable.

Ces hommes qui, dans une Europe encore christianisée, jouissaient d’un statut respectable, parfois éminent, se retrouvent projetés dans une détresse absolue. La faim, le froid, les maladies, le travail harassant, les coups des SS et des kapos, les expériences médicales ou les transports d’invalides ont raison de ces hommes de tous les âges. Quelques-uns sombreront dans le désespoir et s’effondreront, d’autres – la grande majorité d’entre eux – ne fléchiront pas, peut-être soutenus par leur foi. Partageant le sort commun des déportés, les prêtres de Dachau s’efforcent de maintenir intacte leur vie spirituelle et sacerdotale. Une chapelle, la seule autorisée dans tout le système concentrationnaire, leur apporte un secours considérable.


Cette expérience unique dans l’histoire de l’Église éclaire d’un jour nouveau les rapports entre le nazisme et le christianisme.

Près de 70 ans après sa libération, le camp de concentration de Dachau demeure le plus grand cimetière de prêtres catholiques du monde.
 
 
 
 
 
Journaliste, Guillaume ZELLER est directeur de la rédaction de Direct 8. Il fut notamment chargé d’enquêtes au service historique de l’Armée de Terre.
 
 
 
FIGARO HISTOIRE, du 30 janvier 2015, La page de Jean Sevillia.
... Journaliste et historien, Guillaume Zeller raconte le drame particulier de ces hommes de Dieu pris dans la tragédie de la déportation. Par rapport aux autres prisonniers, ils disposaient d'un lieu de consolation : une chapelle, mais dont l'accès était aléatoire. Pour le reste, faim, froid, et maladie étaient leur lot quotidien, et ils n'échappaient pas à l'ordre SS : punitions, brimades, torture pour les récalcitrants...56 ecclésiastiques morts dans ce camp, dont 47 Polonais, ont été béatifiés par l'Eglise catholique, mais de nombreux cas sont encore à l'étude. Dachau fut le théatre d'atroces dérélections, mais aussi d'élévations spirituelles qu'évoque avec émotion cet ouvrage poignant."
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