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Beaucoup d'émotion au Struthof

L'INFO n° 797

 

 

Dimanche 26 avril 2015

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Camp du Struthof : Allocution de Robert Salomon, Déporté-Résistant, (90 ans) entouré de ses deux petits-fils (photo © MaxPPP)

Camp du Struthof : Allocution de Robert Salomon, Déporté-Résistant, (90 ans) entouré de ses deux petits-fils (photo © MaxPPP)

 

Reportages sur cette Journée nationale du Souvenir des victimes et des héros de la Déportation

70ème anniversaire de la libération des camps de concentration et d'extermination

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L'avenir de la mémoire de la Résistance

 

Interview du président Jean-Marie MULLER   (Journal L'Alsace)

 

L'Alsace : Jean-Marie Muller, vous êtes le président de l’Union nationale des associations de déportés, internés et familles de disparus. Qu’attendez-vous de la visite du chef de l’État au Struthof ?

 

JMM : Notre association a une double attente. Il s’agit, évidemment, de rendre l’hommage le plus marqué possible à tous les déportés résistants qui se sont engagés au nom de leurs convictions dans la défense de leur patrie. Leur combat doit être clairement reconnu par le président de la République. S’ils ont été déportés au Struthof, c’est pour avoir dit « non » à l’occupant et sacrifié leur vie pour défendre leur patrie et la liberté.

Nous voulons également que l’État trace clairement la voie à l’avenir de la mémoire de la Résistance et de la déportation. Si l’on peut penser que le 70e anniversaire de la libération des camps et de la fin de la guerre est une étape importante avec la participation de déportés, nous savons tous que dans dix ans, ce ne sera vraisemblablement plus le cas, en raison de l’âge de ces survivants.

 

L'Alsace : Votre association est au cœur du débat autour du devoir de mémoire.

 

JMM : Qui portera ce devoir de mémoire et comment ? On ne peut pas envisager de voir la mémoire de la guerre de 39-45 entrer dans les livres d’histoire, au même titre que celle de 14-18 ou de 1870 qui furent elles aussi de grandes pages de la vie de la France. Ce conflit est fondamentalement différent. Il ne s’agissait pas seulement de gagner des territoires. Le nazisme voulait supprimer une partie de l’humanité, détruire physiquement tous ceux qui s’opposaient à eux. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, une idéologie a remis en question les plus grands principes moraux. Malheureusement, aujourd’hui encore, il y a dans le monde des idéologies et des signes qui rappellent cette période.

Il faut que la mémoire de la Résistance et de la déportation soit dispensée à toute la jeunesse de France afin qu’elle s’épanouisse dans un monde où l’on accepte l’autre. Nous défendons le respect des religions et des cultures.

 

L'Alsace : Votre association a un rôle particulier après les attentats de Paris.

 

JMM : Nous sommes évidemment opposés à l’islamophobie ou à l’antisémitisme. Notre association a un rôle important à jouer auprès des jeunes, en rappelant les principes de la Résistance, les valeurs d’engagement et de combat pour la liberté. Et c’est bien ce qui est menacé aujourd’hui chez nous, et dans une grande partie de la planète.

Jean-Marie MULLER, président de l'UNADIF et président du Comité international du camp de Natzweiler-Struthof (photo D.R. L'Alsace)

Jean-Marie MULLER, président de l'UNADIF et président du Comité international du camp de Natzweiler-Struthof (photo D.R. L'Alsace)

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