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IL Y A 71 ANS
Le 27 juillet 1944, cinq résistants détenus à la prison Montluc sont exécutés place Bellecour à Lyon.
La statue du Veilleur de pierre se dresse à l'endroit de l'explosion d'une bombe posée par la résistance lyonnaise le 26 juillet 1944 et où des résistants furent fusillés le lendemain en conséquence.
Le café qui s'y trouvait alors, le « Moulin à Vent », était fréquenté par des officiers allemands et des membres de la Gestapo. L’explosion ne fait aucune victime, mais déclenche la vengeance immédiate des Allemands.
Le mémorial a été réalisé par l’architecte Louis Thomas et le sculpteur Salendre. On y lit le nom des cinq résistants fusillés ainsi que les lieux de massacres commis dans le Rhône pendant la Deuxième Guerre mondiale, ainsi que la mention :
« Passant, va dire au monde qu'ils sont morts pour la liberté ».
Outre Albert Chambonnet (Didier) et Gilbert Dru, le groupe était composé de :
René Bernard, né le 3 octobre 1904 à Malakoff, militant communiste, arrêté le 22 juillet 1944 ;
Léon Pfeffer, né le 12 octobre 1922 à Nancy, militant communiste ;
Francis Chirat, né le 7 août 1916 à Villeurbanne, militant catholique.
Albert Chambonnet, alias Didier, né le 4 octobre 1903 à Bessèges et mort exécuté par la Gestapo le 27 juillet 1944 à Lyon, Officier de carrière dans l'armée de l'air, il reste dans l'Armée de Vichy après l'armistice tout en participant activement à la résistance. En 1942, il est chef d'état-major régional de l’Armée secrète à Bron.
En octobre 1943, sous le pseudonyme de Didier, il devient le chef régional de l'Armée secrète ; en janvier 1944 il devient le chef régional des Forces françaises de l'intérieur pour la Région R1. Le 10 juin 1944, il est arrêté place des Terreaux à Lyon et remis à la Gestapo. Albert Chambonnet est compagnon de la Libération. Il est inhumé au cimetière du Val d'Enfer à Cerdon (01).
Gilbert Dru est un résistant français et militant chrétien, né le 2 mars 1920 à Viols-le-Fort et mort à Lyon le 27 juillet 1944.
Ancien élève du lycée Saint-Marc, responsable de la Jeunesse étudiante chrétienne, Gilbert Dru refuse la défaite face à l'Allemagne nazie et participe au mouvement de résistance spirituelle et organise, avec Maurice-René Simonnet, la Résistance dans les milieux de la jeunesse chrétienne.
Il rédige au cours de l'été 1943 un Projet d'introduction à une action révolutionnaires des jeunes français. Il propose de fonder un Mouvement républicain de libération regroupant la « mystique des droits de l'homme et la mystique démocrate et d'inspiration chrétienne ». Il obtient l'accord d'André Colin et Maurice-René Simonnet, président et secrétaire général de l'ACJF, puis à Paris, celui de Marc Sangnier, Francisque Gay et Georges Bidault. Ce projet marque de façon profonde l'établissement du futur Mouvement républicain populaire.
Après son arrestation le 17 juillet 1944, il est exécuté par la Gestapo, place Bellecour à Lyon, le 27 juillet 1944, à l'âge de 23 ans, avec quatre autres résistants, dont Albert Chambonnet.
Louis Aragon lui a dédié, avec trois autres résistants (Gabriel Péri, Honoré d'Estienne d'Orves et Guy Môquet, soit deux chrétiens et deux communistes), son poème La Rose et le Réséda, qui contient en refrain les célèbres vers « Celui qui croyait au Ciel / Celui qui n'y croyait pas ».