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Banalisation de l’imagerie nazie : l’UNADIF monte au créneau

 

L'INFO n° 1 217

 

 

UNADIF-FNDIR du Haut-Rhin

 

 

UNADIF-FNDIR 68

 

 

Banalisation de l’imagerie nazie : l’UNADIF monte au créneau

 

 

Des jeux vidéo qui multiplient les références explicites à l’imagerie nazie ; des boutiques touristiques qui regorgent de bouteilles de vin et de tasses à café « ornées » de l’effigie de Hitler ou de celle de Mussolini. Pis : des militants négationnistes, conviés à visiter le camp de concentration d’Oranienbourg-Sachsenhausen par le parti d’extrême droite allemand AfD (Alternativ für Deutschland) ; enfin, des manifestations ouvertement néonazies, organisées en pleine rue… Tout cela se passe dans l’Europe d’aujourd’hui, à Rimini (Italie), à Budapest (Hongrie) ou à Chemnitz (Allemagne), selon le cas – et nombre de dirigeants européens semblent s’accommoder de la situation.

 

 

« Indignation et inquiétude »

 

Pas l’Union nationale des associations de déportés et internés de la Résistance et famille (UNADIF), forte d’environ 8 000 adhérents dans tout l’Hexagone et présidée depuis 2012 par le Haut-Rhinois Jean-Marie Muller. Son père Émile fut arrêté par la Gestapo le 31 juillet 1943, puis déporté pour faits de résistance au sein du réseau Martial et seule l’arrivée des troupes américaines à proximité de Dachau, en avril 1945, le sauva d’une probable mort par épuisement.

 

Depuis sa création en 1950, l’UNADIF s’est non seulement fixé pour mission de faire vivre la mémoire de la Résistance, mais aussi d’en porter les valeurs de tolérance et d’humanisme, en particulier auprès du public scolaire. D’où le caractère insupportable, pour ses membres, des sinistres résurgences évoquées plus haut. Le 1er septembre dernier, Jean-Marie Muller adressait donc une lettre ouverte, cosignée par son homologue de la Fédération nationale des déportés et internés de la Résistance (FNDIR), Pierre Gascon, à l’adresse du président de la République Emmanuel Macron.


« Glorification du nazisme – Alerte à la banalisation des symboles nazis dans l’opinion publique ! » , débutait leur courrier. Et les deux hommes de poursuivre : « Les déportés, internés pour faits de résistance et leurs descendants veulent exprimer leur indignation et leur inquiétude devant la prolifération des représentations et des symboles du nazisme en Europe et dans le monde. Ils veulent attirer l’attention des pouvoirs publics sur le danger d’une telle banalisation et ses conséquences, y compris auprès des plus jeunes piégés par cette forme d’endoctrinement […] et condamnent avec la plus grande fermeté ce qui constitue une injure à la mémoire des victimes des crimes contre l’humanité commis durant la Seconde Guerre mondiale. »

 

 

 

 

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Le Président UNADIF, Jean-Marie Muller
Le Président UNADIF, Jean-Marie Muller

Le Président UNADIF, Jean-Marie Muller

 

Un rendez-vous à l’Élysée

 

« Nous avions déjà interpellé à ce sujet l’ensemble des candidats de l’élection présidentielle de 2017 , rappelle à ce propos le président de l’Unadif. Emmanuel Macron nous avait alors répondu, en substance : “Nous ferons le nécessaire.” » Las : un an et demi plus tard, Jean-Marie Muller attend toujours du concret. Une première réponse – certes courtoise, mais guère plus consistante qu’un banal accusé de réception –, lui a été adressée par le chef de cabinet de l’Élysée, le 19 septembre suivant.

 

Le 11 octobre, tout de même, Jean-Marie Muller a été reçu par le « conseiller mémoire » du président de la République. Une occasion précieuse de faire passer quelques messages, à commencer par celui-ci : l’UNADIF se désole de voir la France – ainsi que d’autres pays européens – s’abstenir chaque fois qu’il est question que l’Onu adopte une résolution de lutte contre la glorification du nazisme.

 

 

Un combat à perpétuer

 

Motif officieux de ces abstentions à répétition – la dernière remonte à novembre 2017 : les textes de résolution jusqu’ici proposés, d’inspiration russe, comportaient quelques « petites lignes » problématiques pour la France ou certains de ses alliés. Bref : « J’ai suggéré que le président de la République s’assure que la prochaine mouture de cette résolution n’évoque plus de sujet clivant , confie Jean-Marie Muller. Notre ambition, c’est en effet que la future résolution soit adoptée à l’unanimité. »

 

Soit, mais pourquoi s’attacher ainsi à un vote dont la portée peut sembler essentiellement symbolique ? « Parce qu’une fois adoptée, cette résolution permettra aux institutions internationales de mettre sous pression les dirigeants nationaux trop complaisants. » Conclusion de Jean-Marie Muller : « La génération des résistants s’efface peu à peu, mais la mémoire de leur combat doit être perpétuée. Il n’est pas nécessaire d’avoir soi-même été résistant ou d’être descendant de résistant pour adhérer à l’UNADIF. Il suffit d’en partager les valeurs. »

 

 

Emmanuel DELAHAYE - Journal L'ALSACE

 

 

 

CONTACTER UNADIF, section départementale du Haut-Rhin, 9 avenue d’Italie, 68110 Illzach ; ✆ 03.89.31.04.44 ; courriel : contact@unadif.fr ; site internet : wwww.unadif.fr

 

 

 

 

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