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L'INFO n° 1 230
UNADIF-FNDIR du Morbihan
UNADIF-FNDIR 56
Claude Adler découvre les lettres de son père déporté
En 2015, Claude ADLER découvrait les lettres de son père tué à Auschwitz en 1942.
Une histoire douloureuse qu’il raconte enfin aujourd’hui, en ce jour de commémoration.
Le 27 janvier 1945, l’armée russe libérait le camp d’Auschwitz. Trois ans plus tôt, le père de Claude ADLER, 79 ans aujourd’hui, mourrait dans le camp nazi. « Je n’ai su que très peu de chose sur lui », raconte cet ancien vétérinaire installé dans le Morbihan depuis 50 ans. « Maman ne nous parlait jamais de la guerre ». Une histoire douloureuse que Claude et sa sœur Denise n’ont réellement découverte qu’au décès de leur mère, en 2015, alors qu’elle approchait les 102 ans.
Claude Adler, Guy Jouan, Mme Seguet et les élèves de 1ère de Pontivy (photos Ouest-France et Guy Jouan)
Pris dans une rafle en 1941
En déménageant son appartement parisien, ils sont tombés sur la correspondance entretenue par leurs parents entre 1941 et 1942, lorsque leur père, Otto ADLER, pris dans une rafle à Paris, fut interné successivement dans les camps de Drancy, Compiègne ou Pithiviers.
Un échange de 36 lettres, et « quelques-unes de mes grands-parents », morts eux aussi dans le camp de concentration de Riga, en Lettonie. On y lit les mots doux et les demandes « de linge et de colis », témoigne Claude ADLER. L’optimisme d’Otto ADLER, aussi, qui « ne décrit jamais les conditions de détention et dit à ma mère qu’il rentrera dans quelques jours ». Mais au fil des jours, l’espoir se fait plus mince. Parlant de « liberté », le père de Claude écrit : « ce mot me semble presque inaccessible. »
L’envie de savoir
Sa dernière lettre date de septembre 1942, quelques jours avant qu’il soit déporté en Allemagne où il pensait partir travailler... » Une histoire tragique dans laquelle Claude s’est plongé , « avec appréhension ». Mais l’envie de savoir, " pour transmettre ce passé familial à nos petits-enfants " a pris le dessus. D’autant que lui, né en 1940, n’a que très peu de souvenirs de cette époque.
Baptisé avec sa sœur en 1943 pour être pris en charge par les réseaux catholiques, il fut caché par l’Église dans une ferme de la Sarthe. « Je me rappelle du son des canons lorsque les Allemands furent chassés et l’arrivée des Américains quelques heures après, qui nous distribuaient des bonbons », se remémore-t-il, 75 ans plus tard, c’est à des lycéens de Pontivy, mercredi dernier, qu’il racontait son récit pour la première fois. Afin de « transmettre ce souvenir lucide du passé, comme le disait Lionel JOSPIN ». Et mettre en garde les jeunes générations : «nous ne sommes pas à l’abri que ca ne se reproduise pas. »
Hugo HUAUME
Paru dans "Dimanche Ouest-France" du 27 janvier 2019
Grand merci à Guy Jouan, sans qui cette rencontre n'aurait pas pu se réaliser et à Bruno Vigouroux, président de l'UNADIF-FNDIR du Morbihan.
Au forum des associations de Pontivy de Septembre 2018, Guy JOUAN et Bruno VIGOUROUX de l’UNADIF-FNDIR du Morbihan accueillirent Claude ADLER. Ce dernier évoqua brièvement le passé de ses parents juifs pendant la guerre 1939-1945. Un témoignage intéressant pour des jeunes de la classe de Mme SEGUET du lycée Joseph Loth de Pontivy.