Pour être informé de l'actualité UNADIF-FNDIR, de l'actualité des UNADIF départementales. Pour être informé de l'actualité mémorielle, évènements, cérémonies, expositions, conférences, livres, films, pages d'Histoire ...
70 ans après, Soissons (Aisne - 02) rend hommage à ses Justes
Ce sont les héros anonymes de la Seconde Guerre mondiale.
Dimanche 26 octobre 2014, plus de 70 ans après, Soissons (02) a rendu hommage à ceux qui ont eu le courage de permettre à des familles juives d'échapper à la déportation, comme Jacques Bouldoire.
Au péril de sa vie, le Soissonnais Jacques Bouldoire a sauvé une famille de la menace nazie. En 1942, la famille Lewkowicz confie la tutelle de ses cinq enfants à leur fille aînée, Germaine mariée avec un non-juif, Jacques Bouldoire. Celui-ci va alors tout mettre en œuvre pour faire franchir la zone libre aux enfants Lewkowicz.
Dans bon nombre de mémoires, le souvenir de cet acte de bravoure est resté intact. Aujourd'hui, Jacques Bouldoire, décédé en 1952, a été reconnu « Juste parmi les Nations » à titre posthume.
Il s'agit de la plus haute distinction honorifique décernée par l'Etat d'Israël à des civils.
3 760 français ont été reconnus Justes par l’Institut Yad Vashem.
Jacques Bouldoire devient ainsi le 23ème Axonais à qui ce titre est décerné.
Source : PGC - 26 octobre 2014 – France 3 Picardie
© France 3 Picardie - Jacques Bouldoire a sauvé la vie de 5 enfants de la famille Lewkowicz pendant la guerre.
L'histoire
Les parents LEWKOWICZ sont arrivés à Paris en 1923, où ils ont résidé rue Piat, dans le 20ème, jusqu’en 1931. Le père travaillait dans la couture. En 1932, ils s’installent à Soissons, rue de Mayenne, ils ouvrent un magasin de vêtements, puis un second en 1937, place Centrale.
Arrêtés très tôt le matin du 17 juillet 1942 par des gendarmes français, ils demandent qu’on aille chercher leur fille ainée, Germaine, épouse de Jacques BOULDOIRE. Ils lui confient la tutelle de leurs enfants et un certain pécule. Jacques Bouldoire va installer les enfants chez ses propres parents, ainsi que sa grand-mère, Madame Grandjean, le temps pour lui d’organiser le départ des enfants vers la Zone Libre (en passant par Bordeaux) où réside leur oncle Martin Herszlikowicz, à Saint-Amand-Montrond.
Jacques Bouldoire va aussi trouver un local pour y entreposer le stock de vêtements des deux magasins. Mettant sa propre vie en danger, il s’efforcera mais en vain d’empêcher l’arrestation de Ruchla Lewkowicz, hospitalisée à Laon après avoir perdu son fils Alain, nouveau-né.
Jacques et Germaine Bouldoire vont louer et diriger un petit hôtel à St-Amand-Montrond pour pouvoir faire vivre leurs « enfants adoptifs ». Ils accueillent aussi une famille juive, les AROUETE (témoignage du 04/11/1946 émanant de Jacques Arouete, à présent décédé).
Après l’occupation de la Zone Libre, l’oncle Martin est déporté à son tour mais Jacques parvient à organiser des caches pour tous les enfants.
Tous les enfants LEWKOWICZ rendent hommage au courage et à l’amour dont a fait preuve à leur égard leur sauveteur et bienfaiteur, Jacques BOULDOIRE.
Le 27 novembre 2013, l’Institut Yad Vashem Jérusalem a décerné le titre de "Juste parmi les Nations" à Monsieur Jacques Bouldoire.