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Reconstruit en 1950, étendu en 1992, le mémorial de l’Armistice devrait être agrandi prochainement.
Chaque année, en moyenne, ce sont 10 000 élèves (et 50 000 adultes, dont 40 % d’étrangers en 2014) qui visitent le lieu de mémoire.
« Pour les scolaires, nous devons adapter la pédagogie, explique le général Pierre de Percin, président de l’association les Amis de l’Armistice, qui gère le monument. Une image sur un mur ne les intéresse pas, il faut qu’ils participent. »
Une pédagogie plus moderne
Dans le nouveau bâtiment de 500 m² sur deux niveaux, construit dans le prolongement de l’existant, une grande salle équipée en conséquence (table tactile, etc.) leur sera réservée, dans la partie basse, avec des animations. « Il s’agit aussi de pouvoir les accueillir plus confortablement, notamment les jours de pluie. » Une partie sera ainsi couverte par un préau.
Au même niveau, une bibliothèque. « Nous avons de nombreux livres, principalement sur la guerre de 14, qui dorment aujourd’hui dans des cartons, indique le responsable. Nous voulons que le public y ait accès. »
Dans la partie haute, un espace sera dédié à l’entre-deux-guerres. Une manière de faire le lien entre les deux salles existantes. « La scénographie sera axée autour de trois pays, détaille Pierre de Percin. Entre les deux conflits, les anciens combattants de France et d’Angleterre se sont tournés vers le pacifisme. En Allemagne, cela a été l’inverse. C’est intéressant à étudier. »
Une petite salle de projection devrait aussi voir le jour.
Le projet était dans les cartons depuis un moment. « Depuis la 1ère extension, en 1992, quand nous avons ajouté les salles sur 14-18 et 39-45, relate le général. Mais nous manquions d’argent. »
Fin 2014, c’est un coup de chance qui a permis à l’idée d’être relancée. « Avec le maire de Compiègne, nous en avions parlé au ministre, poursuit le responsable. Un département venait justement de rendre à l’État une somme qui n’avait pas été dépensée. » Une subvention de 250 000 euros tombe alors dans les caisses de l’association. « Une fois que l’État s’engage, le reste suit généralement », sourit le général.
Appel aux dons
Au total, l’association doit réunir 1,16 million d’euros. La Région, le Département, la Ville et l’Agglo doivent fournir, à eux tous, 680 000 euros.
La Ville de Compiègne a acté sa participation – 125 000 euros – vendredi 3 avril. « Nous fonctionnons habituellement sans aucune subvention, précise Pierre de Percin. Donc, lorsque nous faisons appel aux collectivités, elles sont plutôt enclines à nous aider. »
S’ajoutent 100 000 euros à prendre sur les fonds de l’association et, pour les 130 000 restants, un appel à la générosité de mécènes. « Nous en recevons de particuliers, mais aussi de petites associations », indique le président.
Les dons des entreprises sont aussi les bienvenus.
Le permis de construire devrait être déposé avant l’été pour, peut-être, une inauguration en 2018, année du centenaire.
Source : Julien Barbare, journal "Courrier picard"