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René Rossey est décédé jeudi 19 mai 2016 à l’âge de 89 ans.
Il était l’un des derniers survivants du 1er bataillon de fusiliers marins commandos surnommé « Commando Kieffer », seule unité française à avoir pris part à l’assaut sur les plages de Normandie le 6 juin 1944.
Agé de 17 ans le Jour-J, René Rossey était le plus jeune des commandos français dont il ne reste que 6 survivants à ce jour.
Né le 30 août 1926 à Tunis d’un père français et d’une mère italienne, il décide, en mentant sur son âge, de s’engager à 16 ans au bureau des Forces françaises libres de Tunis le 15 mai 1943.
«Pendant mon adolescence, je me suis dit "tiens, je vais défendre la France", et je l’ai fait. C’est tout, c’est aussi simple que ça».
Il gagne ensuite Beyrouth au Liban par ses propres moyens. Après son instruction sur place en juin et juillet, il part pour l’Angleterre. Il suit une nouvelle formation au camp de Camberley puis se retrouve affecté à la caserne londonienne « Bir Hakeim ». C’est là qu’il rencontre le commandant Kieffer, qui le recrute pour son unité.
Après son stage commando au camp de Wrexham (annexe de l’école des commandos d’Achnacarry), il est intégré au bataillon français en tant que membre de la section des mitrailleuses « K Gun ».
René Rossey pose le pied en France pour la première fois de sa vie, sous les balles allemandes, le 6 juin 1944, sur la plage de Colleville-sur-Orne (aujourd’hui Colleville-Montgomery).
Il passe ensuite 78 jours en première ligne.
À la fin de la bataille de Normandie, le commando est rapatrié en Angleterre, mis au repos.
Le 1er novembre 1944, René Rossey et ses camarades débarquent de nouveau, cette fois à Flessingue aux Pays-Bas. Cette opération sera qualifiée par le général Eisenhower de « fait d’arme le plus courageux, et le plus audacieux de toute cette guerre ».
Une fois la guerre terminée, René Rossey est rendu à la vie civile. Sans ressources, ayant interrompu ses études, ne voulant plus de la vie militaire, il connaît une longue période d’errance. Il est d’abord hébergé par les Doullin, un couple de cafetiers amis des commandos, avenue de la Motte-Piquet à Paris. Ne se trouvant pas de situation, il utilise son bon de démobilisation pour rentrer en Tunisie en 1946, où il se mariera avec Rosette Bayamont et aura trois enfants.
C’est en 1954 qu’il revoit le commandant Kieffer à Paris. Celui-ci, alors responsable de la division administration de l’OTAN fait jouer ses relations pour permettre à René Rossey d’entrer chez Total. Il y restera 32 ans.
René Rossey avait attendu 20 ans avant de parler à sa famille de ce qu’il avait vécu. Ce n’est qu’à partir de 1984 et les cérémonies du 40e anniversaire du Débarquement qu’il avait commencé à réellement raconter son histoire, encouragé dans ce sens par son petit-fils.
Il avait reçu la croix de chevalier de la Légion d’honneur en 2004, soixante ans après les faits.
« Et c’est grâce aux journalistes, en 2004, quand on est allés à Achnacarry. Ils ont dit : "C’est pas possible", ils l’ont écrit. Ils ont bien fait. J’ai pas peur de le dire. »
René Rossey était passé officier de la Légion d’Honneur en 2014.
Son petit-fils, Cédric Condon, a réalisé un film documentaire racontant l’histoire de son grand-père et de ses camarades intitulé « Les Français du Jour J » et diffusé sur France 3 en mai 2014.
Pour l'anecdote, il a reçu par hasard, l'extrême-onction d'un prêtre passant par là par le plus grand des hasards. Celui-ci était l'arrière-petit-neveu de l'amiral d'Argenlieu.
Les obsèques auront lieu dans l'intimité.
Benjamin Massieu
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